Posté le
Par Amandine Glévarec

« Cervin et Toblerone en Corée du Nord » d’Olivier Racine

Olivier Racine, Cervin et Toblerone en Corée du Nord

Je ne vous parlerai pas aujourd’hui d’un OVNI (littéraire) mais plutôt d’un extraterrestre (romancier). Olivier Racine fait partie de ces hommes excessifs, pour qui pari vaut acte de foi. D’aucuns disent qu’il a voulu faire de sa vie une œuvre d’art, toujours est-il qu’il aime dépasser les limites que le commun des mortels se fixe quotidiennement. Cet excès, déroutant, peut prêter à sourire ou provoquer une certaine admiration, mais il est surtout à l’origine d’un livre, d’un récit, Cervin et Toblerone en Corée du Nord. Où germe l’idée de se rendre dans le pays le plus fermé du monde pour remettre à son dirigeant-dictateur un morceau du Cervin (récolté soi-même, évidemment) et un énorme bout de chocolat suisse ? Mystère. De l’idée à la réalisation, il n’y a pas qu’un pas, mais plusieurs étapes qu’Olivier Racine relève avec le sourire et un enthousiasme jamais feint.
Lire la suite « « Cervin et Toblerone en Corée du Nord » d’Olivier Racine »

Posté le
Par Amandine Glévarec

Rencontre avec Etienne Barilier

Etienne Barilier & Isabelle Falconnier

Isabelle Falconnier – Est-ce important pour un écrivain de rencontrer ses lecteurs ?

Etienne Barilier – C’est très important parce qu’écrire est un travail très solitaire. Il fut un temps, malheureusement passé pour moi, où je rencontrais chaque semaine des étudiants. On a souvent l’impression d’écrire, je ne dirais pas « dans le vide », mais sans savoir ce qui advient de ce qu’on a fait. Votre présence aujourd’hui me laisse penser que je n’ai pas écrit en vain. C’est important de vous voir incarnés, vous, lecteurs.
Lire la suite « Rencontre avec Etienne Barilier »

Posté le
Par Amandine Glévarec

Rencontre avec Jacques Roman et Christophe Fovanna

Jacques Roman & Christophe Fovanna

Pierre Fankhauser – Tout a commencé par une lettre envoyée à Art&Fiction ?

Jacques Roman – Oui, tout a commencé par une lettre écrite par un fou, dont les initiales sont fortuitement les mêmes que les miennes, mais qui manifestement est plus fou que je ne suis fou. Il y a si peu de différences que j’accepte d’être pris pour le fou de la Joconde.
Lire la suite « Rencontre avec Jacques Roman et Christophe Fovanna »

Posté le
Par Bertrand Schmid

« Communication au monde de l’art sur le secret aveuglant de la Joconde » de Jacques Roman et Christophe Fovanna

Jacques Roman & Christophe Fovanna

Ton sourire, Mona. Ou Lisa. Voici que naît un livre de celui-ci. Un étrange opuscule, à vrai dire. Une mise en abyme et quels abîmes justement derrière ton visage (et ton regard ?) qui s’offre dans ton trop étroit couloir, dans ce Louvre où s’amassent ceux qui, de leur téléphone, veulent te capturer alors que Da Vinci, déjà, t’a si bien saisie. Et voici donc que naît un livre, un opuscule, qui encore de ce jeu du gouffre sur le gouffre posé va explorer ce que tu laissas. Mais, cette fois-ci, contrairement aux pauvres regards qui veulent dire « je l’ai vue », ces feuillets – car il s’agit de feuillets, ne vous l’ai-je dit ? – vont tenter de communiquer, non de décrypter. Étrange ouvrage. Bipartite. Je dis mise en abyme car elle l’est. Comme un jeu passé, un jeu littéraire qu’on ne pratique plus guère, celui qui guide (ou emmêle) le lecteur dans le Manuscrit trouvé à Saragosse. Un jeu sur les apparences : ton regard, Mona, s’y prête à ravir.
Lire la suite « « Communication au monde de l’art sur le secret aveuglant de la Joconde » de Jacques Roman et Christophe Fovanna »

Posté le
Par Amandine Glévarec

Entretien avec Serge Bimpage

Serge Bimpage

Amandine Glévarec – Albertine demande à Naz, votre narrateur, pourquoi il s’est intéressé à son histoire à elle. Je vous retourne la question, pourquoi avoir écrit ce roman en vous inspirant de l’affaire Dard ?

Serge Bimpage – Le choix du sujet est souvent un mystère pour les écrivains eux-mêmes. J’avoue que je ne le sais pas moi-même, ou du moins pas exactement. En tout cas, ce fait divers m’avait marqué à l’époque, il m’a travaillé de longues années sans que je sache véritablement à quel niveau. Il fallait donc que je m’y plonge, que j’écrive dessus pour en exorciser le sortilège. C’est pourquoi je cite cette phrase de Julien Green, en exergue : « J’écris des livres pour savoir ce qu’il y a dedans. » Une chose est certaine, plusieurs de mes livres (La seconde vie d’Ahmed Atesh Karagün, La Reconstitution, Moi, Henry Dunant j’ai rêvé le monde) donnent la parole à des gens qui en ont été privés. ll n’y a rien de pire, pour un homme, que de vouloir exprimer quelque chose d’important sans parvenir à le faire. Surtout quand il a vécu un drame. C’est le cas des protagonistes de ce roman.
Lire la suite « Entretien avec Serge Bimpage »

Posté le
Par Amandine Glévarec

« La Peau des grenouilles vertes » de Serge Bimpage

Serge Bimpage, La Peau des grenouilles vertes

Il y a des chroniques que je prends le temps d’écrire, d’autres pour lesquelles je me précipite, histoire de garder en tête la complexité et de l’histoire et des émotions ressenties. La Peau des grenouilles vertes fait clairement partie de cette seconde catégorie. J’avoue avoir entendu parler de ce livre en restant un tantinet interdite, surtout parce que j’ai eu l’occasion de rencontrer l’héroïne il y a quelques mois, et que j’ignorais alors tout de son histoire. J’avoue aussi que l’autofiction, tellement mise en avant lors de la dernière rentrée littéraire, continue de m’interroger, ce qui explique sans aucun doute que je me suis enquillé autant de romans de Christine Angot ces derniers temps (et bien sûr De Vigan, Florence Noiville, Émilie Frèche, Chalandon, etc.). Voilà pour le contexte.
Lire la suite « « La Peau des grenouilles vertes » de Serge Bimpage »

Posté le
Par Amandine Glévarec

Entretien avec Olivier Sillig

Olivier Sillig

O. Selfie-Cheu – La rédac’ chef du blog, fort occupée par de nouvelles contraintes professionnelles, m’envoie vous interviewer, Olivier Sillig. À mon départ, elle m’a suggéré : ce vieux charmeur, branche-le sur les communautés des années 70. Que vous avez bien connues évidemment ?

Olivier Sillig – Moi ? À peine, juste côtoyées, quelques-unes de mes sœurs, quelques amis et amies. Mais je sais que je parle bien, voire mieux, des choses que je ne connais pas, ou mal, l’Afrique, la guerre, l’amour, le sexe. Et, vraisemblablement, de la vie aussi, sans doute.

Charmeur ? Vous trouvez que j’ai l’air charmeur ?
Lire la suite « Entretien avec Olivier Sillig »

Posté le
Par Amandine Glévarec

« Jiminy Cricket » d’Olivier Sillig

Olivier Sillig, Jiminy Cricket

Cher Olivier, puisque tu es joueur, et que je le suis aussi, que toi et moi c’est un dialogue qui se poursuit au fil des courtes rencontres, cette chronique je ne vais l’écrire que pour toi. J’en avais entendu du bien, de ton livre, avant d’enfin prendre le temps de. J’avoue que je n’ai pas été déçue du voyage, cher briscard, cher vieux bourru, qui aurait cru que tu aurais ainsi des tonnes de tendresse en réserve ? Car la tendresse oui, c’est bien ce qui ressort de ma lecture, d’une traite, d’un seul tenant. De la tendresse pour tes personnages, pour ce Jiminy qui fait l’amour comme on communie, de la tendresse pour une époque peut-être révolue, peut-être perdue, qui sait, de la tendresse pour l’être humain qui parfois sait aller au bout de ses réserves pour mieux se laisser vivre à plusieurs. Bien sûr, ça ne finit pas bien. Mais ce n’est pas grave. Ce qui reste c’est l’amour, et dans ce domaine, cher Olivier, je crois bien que tu as trouvé ta voix.
Lire la suite « « Jiminy Cricket » d’Olivier Sillig »

Posté le
Par Amandine Glévarec

« Le Baron » de Daniel Abimi

Daniel Abimi, Le Baron

Ce livre, je l’attendais. Depuis la première fois où Daniel Abimi m’en a parlé, je l’attendais. Depuis que je lis des auteurs suisses, je l’attendais. Et ce livre je l’ai aimé, je l’ai chéri, du début à la fin. Pourquoi ? Pour trois raisons. Tout d’abord pour sa magnifique préface, de l’auteur lui-même. Empreinte de tendresse et de pudeur, l’homme qui se retourne et qui parle à son père, disparu. L’homme qui regrette de ne pas avoir demandé plus, voulu comprendre, et qui maintenant fait face au silence. Ensuite parce que mon père, bien vivant pour le coup, le bougre, fait partie de la génération du Baron, des forts en gueule, jamais les derniers à lever le coude, jamais les derniers à se la raconter, et alors, qu’importe. Et si, par pudeur, moi non plus je ne pose pas de questions, moi non plus je ne dis pas que je l’aime, sans doute que quelque part, je vous le confie, je sais d’avance que viendra le jour où je le regretterai. Alors, côtoyer cette génération rugueuse, la gouaille, le grand jeu, de près ou de loin, me fait chaud au cœur, tout simplement. Enfin, parce que le Baron représente ce que j’ai toujours attendu d’un livre suisse. Qu’il m’ouvre les portes que je croyais closes, qu’il me raconte ce qui se passait bien avant mon arrivée, qu’il me rassure sur le fait que, bien que cousins, bien que voisins, bien que différents, Français et Suisses avons connu – et connaîtrons encore – la même chose. Les années folles, la liberté, la joie de vivre, l’exubérance. Bien loin du calme apparent, de la politesse exacerbée, quel plaisir que de découvrir des avocats en bas résille, des nuits d’ivresse, la vie, enfin.
Lire la suite « « Le Baron » de Daniel Abimi »

Posté le
Par Amandine Glévarec

« Outback » de Pascal Parrone

Pascal Parrone, Outback

Secret de Polichinelle s’il en est, il m’arrive parfois de recevoir directement dans ma boîte aux lettres des romans envoyés par les auteurs eux-mêmes. C’est ainsi que je me suis retrouvée à lire les 415 pages d’Outback. Une courte recherche sur Internet, quelques échanges de mails m’apprennent que Pascal Parrone a consacré 7 ans à l’écriture de cette première fiction. Et là le kilo de papier se transforme en tonne de responsabilité. Qui suis-je – moi qui ne suis même pas écrivain – pour donner un avis subjectif sur un tel investissement, en termes de temps et d’amour-propre, que chaque romancier – je l’ai vite compris – place dans son œuvre publiée ? Personne. Mais l’auteur est joueur, et me demande de vous livrer ma chronique. Dont acte.
Lire la suite « « Outback » de Pascal Parrone »