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Par Giorgio Rota-Moulanier

« Le Garçon sauvage » de Paolo Cognetti

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Je me méfie toujours des ouvrages sur la montagne. Je me méfie toujours des récits traitant d’exploits accomplis dans une nature hostile et vierge. Je me méfie toujours des succès et des aventures d’un viril sportif, grimpant vaillamment une montagne en pleine nuit, pour le plaisir de se confronter aux forces de la nature et à ses propres démons intérieurs ! Autant dire que je m’engageais avec un certain scepticisme dans le livre de Paolo Cognetti. Du reste je serais bien incapable de savoir pourquoi cet ouvrage a attiré mon regard et surtout excité ma curiosité de lecteur méfiant.
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Par Quatre Sans Quatre

« Le Nom du père » de Sébastien Meier lu par Quatre Sans Quatre

Sébastien Meier, Le Nom du père

Le pitch

Paul Bréguet, ex-flic brillant, sort de la prison de Lausanne. Il a pris deux ans pour des violences conjugales pas évidentes, il a surtout évité d’être inculpé et condamné pour un meurtre qu’il a bel et bien commis. Mais l’affaire ne s’arrête pas là pour lui, il est bien vite contacté par le richissime Flückiger, responsable d’une tentaculaire compagnie de négoce, BFHG. Celui-ci le menace de donner à la police de quoi le relier à l’assassinat d’un avocat et à la mort toujours énigmatique de l’amant de Paul, Romain Baptiste, qui était au centre d’une sombre affaire de prostitution.
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Par Amandine Glévarec

Rencontre avec Noëlle Revaz

Noëlle Revaz à Tulalu!?

Pierre Fankhauser – Dans Efina, vous avez décidé de laisser une grande place aux lettres, envoyées ou en cours d’écriture. Pourquoi avoir choisi ce mode épistolaire pour parler de la relation amoureuse entre Efina et T. ?

Noëlle Revaz – C’était quelque chose de spontané pour moi d’utiliser la forme épistolaire. C’est d’ailleurs une semi-forme épistolaire puisqu’il y a des lettres dans tous leurs stades d’évolution. Quand on écrit un texte, il n’y a presque jamais un premier jet pur, on tourne les mots, on les écrit, on les efface. J’ai essayé de rendre ces hésitations, et puis je me suis rendu compte que c’était un moyen pour moi d’introduire le monologue, ou du moins une certaine forme de « je ». Je me suis aperçue aussi que ce livre arrivait à un moment, dans mon parcours d’écrivain, où j’arrêtais d’écrire des monologues pour passer à la troisième personne. C’est comme un livre hybride entre un monologue, qui n’en est pas un puisqu’il s’agit de lettres, et le récit qui prend le dessus. Les deux s’entremêlent. C’est ce que j’ai observé après, mais sur le moment j’avais simplement envie d’utiliser encore une fois cette première personne et d’exprimer une intériorité.
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Par Amandine Glévarec

« Efina » de Noëlle Revaz

Noëlle Revaz, Efina

Des prémisses de leur non-histoire, nous ne saurons rien. Sans doute une rencontre, un coup de cœur de T. pour Efina, une première lettre oubliée, qui ne trouvera réponse que bien plus tard, à la faveur d’une nouvelle rencontre, dans un théâtre – car T. est acteur et Efina spectatrice – car ceux-là jouent plus qu’ils ne vivent. S’ensuivra un échange de lettres, plus ou moins assumées, jouer encore à ce qu’on est et à ce qu’on ne veut pas être. Et puis une brève passade, et puis à nouveau la séparation, de nouvelles tentatives, et enfin la fin. Au jeu du je te suis tu me fuis je te fuis tu me suis, avouons que ces deux-là sont très forts.
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Par Amandine Glévarec

Entretien avec Roger Simon-Vermot

Roger Simon-Vermot

Amandine Glévarec – Cher Roger, vous avez été pendant 15 ans le rédacteur en chef du Messager boiteux. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet almanach afin d’éclairer la lanterne de notre lectorat français ?

Roger Simon-Vermot – C’est le plus vieil almanach d’Europe (108 ans). 182 pages, rubriques jardinage, horoscope, rétrospectives de l’année en Suisse, dans les cantons et dans le monde, composition des autorités nationales et cantonales, tarifs postaux en vigueur, mouvement des chefs d’État dans le monde, manifestations à venir dans l’année prochaine en Suisse romande et en France voisine, les principaux résultats sportifs de l’année écoulée, prévisions du temps pour l’année à venir selon un secret que nous nous transmettons de rédacteur en chef en réd’ en chef. Plus plein de sujets allant de l’histoire de la cuillère à la BD, en passant par des artisans originaux, les médecines parallèles, etc. Il se vend à environ 80’000 exemplaires sur le territoire de la Suisse romande dans les kiosques, librairies, supermarchés et par un marchand ambulant. Il sort toujours lors du dernier marché folklorique de Vevey (fin août, début septembre).
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Par Amandine Glévarec

« PT de rire » de Roger Simon-Vermot et Mix & Remix

Roger Simon-Vermot, Mix & Remix, PT de rire

Pour la littérature suisse, vous l’aurez compris, les références se situent entre Chessex et Ramuz. Pour l’humour suisse, par contre, nous pouvons compter sur des bien (et bons) vivants, Plonk & Replonk ou Mix & Remix. Et même si le deuxième ne fait qu’un, et non deux, c’est bien de lui que nous allons vous parler aujourd’hui. Reconnaissable immédiatement à ses personnages dotés de nez aussi proéminents qu’emblématiques, il n’est pas rare de croiser les créations et le sens de la formule de Philippe Becquelin dès que l’on passe la frontière helvétique. C’est au service des allographes, du non moins reconnu Roger Simon-Vermot, ancien rédacteur en chef du Messager Boiteux – ça pose son homme – que le dessinateur met aujourd’hui sa plume. Dans un petit livre rose bonbon, publié par les éditions Slatkine que l’on retrouve avec plaisir dans un domaine un peu moins sérieux que d’habitude, l’association dessin-texte est parfaitement réussie et provoque autant de rires que de creusages de méninges.
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Par Amandine Glévarec

Entretien avec Emmanuelle Brom

Centre Culturel Suisse (CCS), à Paris

Amandine Glévarec – Chère Emmanuelle, vous êtes libraire au Centre Culturel Suisse à Paris. Quelle est la vocation première du CCS ?

Emmanuelle Brom – Le centre culturel suisse est un lieu de promotion/diffusion des artistes suisses. La librairie se veut être le reflet de la mission du CCS mais côté livres. La programmation se déroule sur trois expositions pluridisciplinaires par an d’environ trois mois chacune. Le CCS accompagne chaque exposition d’un journal, Le Phare, qui reprend en détail la programmation et qui donne aussi sa place aux livres parus récemment dans les pages « made in CH ».
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Par Amandine Glévarec

« 30 ans à Paris »

30 ans à Paris

Il est de coutume de représenter la Suisse comme une île. Il arrive parfois, pourtant, qu’un bastion helvétique arrive à s’implanter ailleurs. En l’occurrence en France. Cela ne s’est pas fait sans douleur, il aura fallu en convaincre du monde, surtout – bizarrement – côté Suisse. Et puis, se poseront et se reposeront les questions de la programmation, de la liberté de choix, des équipes en place. La longue interview de Martine Béguin revient avec brio sur ces questionnements, soulève des préoccupations qui ne trouvent pas forcément de résolutions, mais qui amènent élégamment à réfléchir sur le but du Centre Culturel Suisse. Quelle doit être son action ? Quelle image de l’Helvétie doit-il renvoyer en France ? Peut-on s’autoriser une exposition payée avec des fonds publics qui dénonce un certain pouvoir en place (mais n’est-ce pas le but de l’art) ? Peut-on privilégier une région linguistique, un art, ou un vecteur, au détriment d’un autre, quelle place pour la littérature, comment figer dans l’histoire les performances qui se veulent dans l’instant, instants qui trouvent leur place bien loin de Zurich ? Comment faire venir du monde, comment communiquer, comment être perçu en France, et en Suisse ?
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Par Amandine Glévarec

« Journal d’un artiste » de Pierre Aubert

Pierre Aubert, Journal d'un artiste

C’est l’amour du fils pour son père qui m’a fait découvrir le père. Le fils, écrivain, me parlant de son père, graveur. Le fils – Raphaël Aubert – que nous pouvons remercier pour ce Journal d’un artiste – Pierre Aubert. Mais ne cherchez pas de références au fils dans ce magnifique ouvrage, bien que ce soit de lui que vienne l’envie de dépasser l’absence et de contrer l’oubli. Raphaël a su s’éclipser. À peine une ou deux références dans les mots, une relation que nous pouvons imaginer forte. Bien que, sans doute, il ne soit pas toujours facile d’être le fils de. Pierre Aubert donc, qui de sa gouge a su créer des gravures d’une beauté incroyable. Recréer ce qu’il observait, enlever de la matière pour ajouter du blanc, les zones où l’encre ne s’ancre pas, pour laisser place à la lumineuse lumière, sans avoir à rougir de concurrencer la photographie, art qui comparé au travail des mains ne donne pas la mesure. L’œil et la main réunis, l’imagination et l’évocation fusionnées. Penser à l’envers.
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Par Amandine Glévarec

Entretien avec Olivier Racine

Olivier Racine

Amandine Glévarec – Bonsoir, Olivier, pourriez-vous vous présenter – en quelques mots – à nos lecteurs ?

Olivier Racine – Bonsoir, Amandine, chers lecteurs. Je déteste l’injustice sous quelle forme que ce soit et suis épris de liberté vraie. Je veux dire par là, et en prenant l’exemple d’un tour du monde, que de le faire avec un billet préétabli est paradoxalement et à mes yeux un voyage sous contrainte.

A. G. – Cervin et Toblerone en Corée du Nord n’est pas votre premier écrit, mais il est néanmoins le premier publié par une maison d’édition, est-ce que ça change quelque chose pour vous ?

O. R. – Je prends le risque en commençant et en terminant par une citation : « La modestie va bien aux grands hommes. C’est de n’être rien et d’être quand même modeste qui est difficile » (Jules Renard).
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