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Par Amandine Glévarec

« Le Persil »

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Qui ne connaît pas Marius Popescu, chauffeur de bus lausannois le jour, écrivain enfiévré la nuit ? Qui ignore ses activités annexes, à la tête du Persil ? Il y a 10 ans naissait ce journal – un vrai journal, en vrai papier, au vrai bon format – et il est important d’y rendre hommage sur ce blog, car nous partageons le même intérêt pour la littérature romande.

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Par Amandine Glévarec

« Les Années silencieuses » d’Yvette Z’Graggen

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Mai 1981. Yvette Z’Graggen est bouleversée. Elle sort de la projection de La Barque est pleine du réalisateur suisse Markus Imhoof, séance de cinéma qui suit de très près une visite qu’elle a faite d’Auschwitz. Et sa bonne conscience de suissesse, qui avait 20 ans pendant la Seconde Guerre mondiale, est d’un coup ébranlée. Comment a-t-elle pu être aveugle à ce qui se passait tout près d’elle ? Est-elle restée volontairement insensible au sort des 10’000 Juifs refoulés aux frontières de la Confédération helvétique ? Avait-elle les moyens de désobéir, d’agir, comme lui martèle le réalisateur qu’elle finit par rencontrer ? Pourquoi s’intéresser à une époque sur laquelle tant de choses ont été dites, pourquoi ne pas plutôt parler du sort des réfugiés qui n’obtiennent pas leur autorisation de séjour à l’heure actuelle ?

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Par Amandine Glévarec

« Elle portait un manteau rouge » de Pierre Crevoisier

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Faute avouée à moitié pardonnée, je vais donc commencer par là. Oui, j’ai eu du mal à entrer dans ce roman. La littérature est aussi une question de rythme, et habituée que je suis aux phrases lapidaires qui nous taclent en deux-deux, j’avais un peu perdu le goût des mélopées plus lentes. Prendre le temps de mettre en place un décor, une intrigue, de lire une description jusqu’au bout, sans soupirer d’impatience…

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Par Amandine Glévarec

Entretien avec Pierre Crevoisier

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Amandine. Tu es actuellement journaliste ?
Pierre. Oui, maintenant j’accepte de me dire journaliste, ce qui n’a pas toujours été le cas. Il y a eu plusieurs périodes dans ma vie. J’ai une formation de psychopédagogue, j’ai travaillé avec des enfants psychotiques, puis j’ai commencé comme journaliste, comme indépendant d’abord, puis en radio. C’était à Berne, à la Radio Suisse Internationale, pendant plusieurs années. Longtemps, le journalisme était une passion. Toucher à la télévision a été une erreur. Je m’y suis épuisé. Là-bas, on nous demandait de « faire des jus ». Un « jus » pour traiter du Rwanda, de la Tchétchénie ou de la guerre en Bosnie. Je n’ai jamais supporté ce cynisme. Dans un univers tel que celui-là, soit on s’adapte, on devient aussi cynique, soit on meurt, soit on s’en va. J’ai préféré m’en aller. J’ai fait d’autres choses et je suis revenu au journalisme ces dernières années. Je me sens beaucoup plus apaisé.

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Par Amandine Glévarec

La lecture, le comité et moi

Il y a ceux qui voulaient devenir vétérinaires, moi je voulais devenir critique littéraire. Lire et ouvrir ma gueule, le rêve.

Ça, c’était avant de comprendre que ça ne nourrit pas sa femme. Et avant que les magazines féminins ne me snobent. Personne ne veut faire de moi sa jurée, mon avis on s’en cogne. OK, OK.

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Par Amandine Glévarec

« Sirius » de Pierre Fankhauser

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À mon sens, il existe deux sortes de livres : les linéaires et les exigeants. Les deux peuvent nous emmener très loin, mais les seconds nous demandent un effort de concentration tout particulier. Accepter d’entrer dans un ouvrage, sans savoir où nous sommes, ni pourquoi, où nous allons, et comment. Faire confiance à l’auteur, le suivre sans comprendre, et sans bien sûr pouvoir poser de questions. J’aime qu’on me mène d’un point A à un point B, jouer au jeu des hypothèses et accepter d’être surprise quand tout n’est finalement pas si prévisible. Mais j’aime aussi buter dès la première phrase, et pourtant m’accrocher, pour au final avoir la satisfaction d’avoir cru ingérer le propos de l’auteur. Lire du Maupassant ou du Robbe-Grillet, les deux procurent une satisfaction, mais le goût de l’effort accompli n’a pas la même saveur. Nul besoin de préciser que Sirius se place naturellement dans la seconde catégorie.

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Par Amandine Glévarec

Entretien avec Pierre Fankhauser

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Amandine : Tu me confirmes avoir mis 12 ans à écrire Sirius ? Pourquoi si long finalement ?
Pierre : 12 ans, bientôt 13. Il y a eu plusieurs étapes d’écriture. J’ai aussi appris à écrire en l’écrivant. Il y a eu d’abord une première version qui était une sorte de mosaïque. C’était un moment dans ma vie où je n’étais pas très en forme, j’avais envie d’écrire, donc le matin je travaillais dans une bibliothèque où je collais des petites étiquettes sur des livres et puis l’après-midi je passais deux heures, tous les jours, à faire une description de quelque chose, soit une œuvre d’art qui me plaisait, un tableau, un paysage, etc. Et à partir de ces différents éléments mosaïques, petit à petit, j’ai fait un peu un tri et j’ai vu ceux qui tenaient la route, ceux qui tenaient un petit peu moins, j’ai commencé à faire un peu du patchwork, à les rapprocher, voir comment ils fonctionnaient les uns avec les autres. Au début c’était un peu la matière de base, et petit à petit la thématique s’est mise en forme.

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Par Amandine Glévarec

« L’Image de la Suisse » de Gianni Haver et Mix & Remix

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Débarquer dans un pays pour y vivre n’a rien à voir avec le fait de le traverser pour le visiter ou de lire des récits de voyages s’y déroulant. C’est une évidence et pourtant au cours de ces premiers mois passés en Suisse, je me suis souvent surprise à jouer malgré moi au jeu des 7 différences. La Suisse a cela de trompeur pour une Française qui s’y installe que tout paraît semblable, et pourtant la complexité de l’intégration dépasse rapidement le simple fait de remplacer soixante-dix par septante ou de se dire adieu pour se dire bonjour. Je me souviens encore de mon rire lorsque j’ai appris qu’après un troisième échec pour passer son permis de conduire, il fallait aller voir un psy avant de tenter un quatrième essai. Au-delà de l’anecdote, et sans pour autant commencer à préparer mon examen de naturalisation auquel je ne pourrai prétendre que dans 9 ans et 11 mois (et ainsi obtenir le fameux passeport rouge), la lecture de L’Image de la Suisse m’a apporté un lot de connaissances concrètes, qui me permettent de mieux appréhender ces différences.

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Par Amandine Glévarec

« Le Cul entre deux chaises » de Joseph Incardona

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Ceux qui me connaissent savent mon goût pour la Beat Generation et pour Bukowski. Toujours un peu la même histoire, un homme, ni trop vieux ni trop jeune, des soucis pour trouver un travail convenable, pour les femmes n’en parlons même pas, un peu d’alcool, beaucoup d’amour pour la littérature, et cette envie, toujours, d’être reconnu en tant qu’écrivain, même si les mots ne viennent pas encore. Un profil type donc, qui nous ressemble un peu, qui nous rassure souvent et nous amuse parfois. Alors forcément quand j’entends parler pour la première fois de Joseph Incardona, et de son double, André Pastrella, dont nous pouvons suivre les aventures dans Le Cul entre deux chaises, puis Banana Spleen et enfin Permis C, mon cœur fait tilt. Il me le faut. Et vite.
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Par Amandine Glévarec

« Ballast » de Jean-Jacques Bonvin

Couverture de "Ballast" de Jean-Jacques Bonvin

J’imagine que tout lecteur possède son ouvrage de référence, celui auquel il revient sans cesse, en y trouvant toujours ses réponses. Sur la route a pour moi été une clef, mais aussi une porte. Celle qui m’ouvrait sur la Beat Generation, sur cette histoire insensée d’un groupe de copains qui tous ont été influencés par la rencontre avec un seul homme, Neal Cassady.
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