Entretien avec Patrick Chambettaz

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Amandine Glévarec – Quel a été le parcours qui vous a mené à publier en auto-édition ?

Patrick Chambettaz – À l’origine, la raison première est évidemment le refus des maisons d’édition classiques. Après moult réponses négatives de leur part pour mes premiers écrits, j’ai franchi le pas de l’auto-édition. Différentes expériences dans ce domaine, plus ou moins satisfaisantes – et plus ou moins onéreuses –, m’ont conduit à chercher la solution la plus simple et la plus avantageuse possible.

C’est sur Internet, où les entreprises de ce genre fleurissent, que j’ai trouvé celle qui me paraissait idéale pour moi. J’ai ainsi publié mon précédent ouvrage, le roman d’espionnage Sarabande interlope, chez Mon Petit Éditeur et j’ai été enchanté du résultat. Cette maison m’a vraiment convaincu par le professionnalisme, la convivialité et la clarté de son processus éditorial. C’est donc tout naturellement que j’y suis resté fidèle pour mon nouvel ouvrage, le recueil de nouvelles Randonnée de nuit. Par ailleurs, le fait d’avoir la haute main sur toutes les étapes de la création du livre me semble présenter un avantage non négligeable pour l’auteur.

A. G. – Combien cela vous a-t-il coûté ?

P. C. – La publication chez Mon Petit Éditeur ne coûte rien à l’auteur. La maison propose certes des services optionnels qui sont payants (couverture personnalisée, correction, création d’un site web…), mais, en ce qui me concerne, je n’y ai pas recouru. En conséquence, j’ai consacré du temps à la relecture des épreuves avant de signer le bon à tirer ainsi qu’à la préparation des textes et des photos de la couverture. Pour ce qui est de la maquette, celle-ci respecte, chez Mon Petit Éditeur, un modèle défini en fonction de la collection dans laquelle s’inscrit l’ouvrage. L’auteur reçoit un exemplaire gratuit de son livre ; il paie ensuite uniquement, à un tarif préférentiel, les exemplaires supplémentaires qu’il commande. De mon côté, j’ai encore créé un site web gratuit, indépendamment de l’offre de l’éditeur, de sorte que toute l’opération, si elle m’a pris quelques soirées et quelques week-ends, ne m’a pas coûté un centime.

A. G. – Êtes-vous satisfait du résultat ?

P. C. – La qualité de l’ouvrage me satisfait à tout point de vue. En outre, le livre est très bien diffusé sur Internet, aussi bien en version papier qu’en version numérique, et ce, non seulement sur le site de l’éditeur, mais également sur de nombreux autres sites de vente en ligne (diverses librairies, Amazon, Fnac, etc.). Il peut aussi être commandé dans toutes les librairies francophones étant donné qu’il est référencé notamment sur Google Books, Chapitre.com (via la base Titelive) et Dilicom. Avec ce mode d’édition, la promotion de l’ouvrage repose essentiellement sur l’engagement personnel de l’auteur, même si Mon Petit Éditeur, par exemple, lui fournit gratuitement plusieurs supports à cet effet (cartes publicitaires, modèle de communiqué de presse…). Quelqu’un de discret, qui ne souhaite pas trop s’exposer et qui, de plus, n’a pas la fibre commerciale, aura bien sûr plus de peine à faire connaître son livre et à le vendre en dehors du cercle de ses proches. Le bon côté de la chose, c’est que l’auteur n’a pas d’obligation autre que celles qu’il s’impose lui-même. Pour ma part, le but est surtout de faire exister le livre en tant qu’objet, et non de figurer au classement des best-sellers. Ce que d’aucuns pourraient voir comme un désavantage ne me pose donc pas de problème. Au chapitre des inconvénients, je citerais néanmoins, d’une manière générale, la difficulté à susciter l’intérêt des médias et l’absence dans les rayons des librairies – à moins de faire du démarchage afin de pouvoir y laisser des exemplaires en dépôt. Quoi qu’il en soit, tout auteur qui désire être lu, mais qui est boudé par les maisons d’édition classiques, devrait tenter l’expérience, en gardant à l’esprit qu’il sera entièrement responsable du contenu et qu’il ne devra donc pas rechigner à relire, voire à faire relire, son texte avant qu’il soit imprimé, et que le succès de son livre dépendra des efforts qu’il consentira à fournir.

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