Posté le
Par Amandine Glévarec

« Nous sommes restées à fixer l’horizon » de Mona Hovring

Nous sommes restées à fixer l'horizon, Mona Hovring

Y a-t-il une littérature de genre (sexuel), question absolue qui taraude mon petit monde en ce moment. Sur la route aurait-il pu être écrit par une femme, en tant que femme moi-même ai-je pu l’ingérer pleinement ? A lire Mona Hovring, à vrai dire, la question ne se pose pas, ou plus. Rock’n’roll malgré elle, alcoolique, désespérée et toute poétique, son héroïne Olivia vaut à elle seule tous les Buko, Fante ou Lowry du monde. La verve de la donzelle affiche tout de suite la couleur, vous allez aimer, vous offusquer ou détester. Ni roman féministe, ni roman lesbien, Nous sommes restées à fixer l’horizon tient autant du journal intime que de la déclaration de guerre, contre tous les chagrins auxquels nous serons un jour confrontés.
Lire la suite « « Nous sommes restées à fixer l’horizon » de Mona Hovring »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Amandine Glévarec

« Le Même ciel » de Ludivine Ribeiro

Ludivine Ribeiro, Le Même ciel

Magie de la lecture qui nous emmène sous d’autres cieux, c’est par un jour de neige que j’ai commencé Le Même ciel. Et me voilà en plein cagnard, l’été brûlant comme nous en avons tous en mémoire, les bruits assourdis, le flip-flop de la piscine, l’océan pas très loin qui inlassablement s’agite et brasse nos souvenirs et envies, les cocktails et fêtes doucement dépravés qui semblent ne jamais avoir à prendre fin. L’heure bleue interminable qui offre l’heure sombre, les heures sombres. Car sous les peaux qui se dévoilent, la lascivité des corps qui s’abandonnent à la canicule — le temps des chiens — nul ne peut échapper à ce qu’il est, à ce qu’il est devenu, à ce qu’il a subi, aux années qui passent, chagrins et autres regrets. Peut-on survivre à tout, peut-on accepter ce que l’on perd, ce que l’on nous vole, la fuite de l’insouciance et des désirs inassouvis.
Lire la suite « « Le Même ciel » de Ludivine Ribeiro »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Amandine Glévarec

« Des Ombres » d’Alexandre Correa

Alexandre Correa, Des Ombres

Drôle parfois comme sur un malentendu la rencontre peut quand même se faire. Je m’attendais à lire de la SF, je me retrouve avec une fresque sociale, qui porte son poing au ventre, entre les mains. Je croyais reconnaître l’Alexandre Correa déconneur et bon diable entre les lignes, je découvre un auteur grave et incisif. Des Ombres, court titre d’un court texte, qui fait mouche, car il ne se contente pas de raconter la violence ordinaire d’une bande de branleurs, mais se ponctue de réflexions qui le transcendent, de photos qui nous scotchent et nous font voyager bien au-delà des mots, dans le monde de la fascination du pire. Sans être mienne, l’expression me vient en tête et résume parfaitement ma double lecture de ce petit opus qui mérite largement qu’on s’y attarde.
Lire la suite « « Des Ombres » d’Alexandre Correa »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Amandine Glévarec

« Wanderlust » d’Antoine Rubin

Antoine Rubin, Wanderlust

Poser son sac, comme on dépose les armes. Il y a des images qui émaillent des vies, des trains, des départs, des séparations, des déménagements. Des vies que l’on veut croire uniques et que l’on reconnaît pourtant — avec plaisir — dans les écrits des autres. Des voyages, des explorations, à la Kerouac, à la Bouvier. Si j’osais, à la Rubin. Il y a des textes, courts et incisifs, qui amènent à sourire de tendresse, car ils ravivent la douce nostalgie de ses propres découvertes. Il y a des livres qui font prendre conscience du chemin parcouru, des sentiers empruntés avec la même ferveur par ceux qui toujours — sans le savoir, sans y croire — suivront les traces de ceux qui les ont précédés. Il y a des enseignements, des désillusions, des déceptions, qui font de nous ce que nous sommes devenus. Adultes.
Lire la suite « « Wanderlust » d’Antoine Rubin »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Amandine Glévarec

« Aujourd’hui dans le désordre » de Guillaume Rihs

Guillaume Rihs, Aujourd'hui dans le désordre

Présenté comme ayant été récompensé par le Prix des écrivains genevois, il s’avère que c’est le manuscrit de Aujourd’hui dans le désordre, non encore publié donc, qui avait en fait reçu cette distinction. Voilà la prochaine étape qu’une réflexion intense, mais juteuse, m’a permis d’atteindre. La lecture du roman m’a tout autant demandé une concentration de tous les instants, car — de la brillante idée de faire naitre une auberge espagnole en plein milieu d’un improbable blizzard suisse — est né un récit qui part dans tous les sens, qui peine à faire sourire ou à captiver.
Lire la suite « « Aujourd’hui dans le désordre » de Guillaume Rihs »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Sabine Faulmeyer

« Le Royaume des oiseaux » de Marie Gaulis

Marie Gaulis, Le Royaume des oiseaux

Quelque part au fin fond d’une terre savoyarde, un lieu irréel et pourtant vrai. Un lieu fait de silence, de bois et de murmures d’oiseaux. Un lieu où tout n’est que vestiges, racines, une terre oubliée, souvenirs d’une étendue sauvage. Un lieu, un royaume, une terre comme une île, une maison comme une forteresse, une réserve familiale. Une terre tenue secrète, cachée, un lopin de terre ténue, merveilleuse, cachet d’une vie d’autrefois.
Lire la suite « « Le Royaume des oiseaux » de Marie Gaulis »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Nicolas Feuz

« Les Feuilles du mal » de Jean-Luc Fornelli

Jean-Luc Fornelli, Les Feuilles du mal

Avez-vous déjà éclaté de rire en public, rien qu’en feuilletant un livre dans une librairie ? Dans une telle situation, qu’est-ce qu’on se sent soudain très Mal, très seul surtout, mais qu’est-ce que ça fait du Bien !

Si je n’avais pas connu Jean-Luc Fornelli avant, j’aurais initialement pu penser que son dernier bébé Les Feuilles du mal était un polar, avec son titre faisant référence au côté obscur, une couverture sombre à faire flipper et un éditeur (BSN Press) souvent attiré par le roman noir. Mais rien de tout cela. Avec cet amateur de bonsaïs et d’haïkus, amoureux des bons jeux de Maux, vous allez découvrir le côté obscur de la farce, vous marrer comme un dauphin à défaut de flipper et, de noir, vous n’y trouverez que de l’humour.
Lire la suite « « Les Feuilles du mal » de Jean-Luc Fornelli »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Giorgio Rota-Moulanier

« Le Garçon sauvage » de Paolo Cognetti

alt=

Je me méfie toujours des ouvrages sur la montagne. Je me méfie toujours des récits traitant d’exploits accomplis dans une nature hostile et vierge. Je me méfie toujours des succès et des aventures d’un viril sportif, grimpant vaillamment une montagne en pleine nuit, pour le plaisir de se confronter aux forces de la nature et à ses propres démons intérieurs ! Autant dire que je m’engageais avec un certain scepticisme dans le livre de Paolo Cognetti. Du reste je serais bien incapable de savoir pourquoi cet ouvrage a attiré mon regard et surtout excité ma curiosité de lecteur méfiant.
Lire la suite « « Le Garçon sauvage » de Paolo Cognetti »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Quatre Sans Quatre

« Le Nom du père » de Sébastien Meier lu par Quatre Sans Quatre

Sébastien Meier, Le Nom du père

Le pitch

Paul Bréguet, ex-flic brillant, sort de la prison de Lausanne. Il a pris deux ans pour des violences conjugales pas évidentes, il a surtout évité d’être inculpé et condamné pour un meurtre qu’il a bel et bien commis. Mais l’affaire ne s’arrête pas là pour lui, il est bien vite contacté par le richissime Flückiger, responsable d’une tentaculaire compagnie de négoce, BFHG. Celui-ci le menace de donner à la police de quoi le relier à l’assassinat d’un avocat et à la mort toujours énigmatique de l’amant de Paul, Romain Baptiste, qui était au centre d’une sombre affaire de prostitution.
Lire la suite « « Le Nom du père » de Sébastien Meier lu par Quatre Sans Quatre »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone
Posté le
Par Amandine Glévarec

« Efina » de Noëlle Revaz

Noëlle Revaz, Efina

Des prémisses de leur non-histoire, nous ne saurons rien. Sans doute une rencontre, un coup de cœur de T. pour Efina, une première lettre oubliée, qui ne trouvera réponse que bien plus tard, à la faveur d’une nouvelle rencontre, dans un théâtre – car T. est acteur et Efina spectatrice – car ceux-là jouent plus qu’ils ne vivent. S’ensuivra un échange de lettres, plus ou moins assumées, jouer encore à ce qu’on est et à ce qu’on ne veut pas être. Et puis une brève passade, et puis à nouveau la séparation, de nouvelles tentatives, et enfin la fin. Au jeu du je te suis tu me fuis je te fuis tu me suis, avouons que ces deux-là sont très forts.
Lire la suite « « Efina » de Noëlle Revaz »

Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestEmail this to someone