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Par Amandine Glévarec

Prix Littéraire Chênois 2016

Prix Littéraire Chênois 2016

Avis aux éditeurs et aux auteurs, je vous rappelle qu’il vous reste une grosse semaine pour envoyer le(s) manuscrit(s) d’un premier roman (accepté par un éditeur romand mais non encore publié) et ainsi tenter de remporter le Prix Littéraire Chênois 2016.

Ce prix, doté à hauteur de 5000 chf répartis entre l’écrivain et l’éditeur, sera remis à l’issue de la délibération du jury, dont j’ai l’honneur et le plaisir de faire partie.

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Par Amandine Glévarec

« Les Lueurs » de Matthieu Mégevand

Les Lueurs, Matthieu Mégevand

Admettons que la première fois que j’ai entendu parler du livre de Matthieu Mégevand, j’ai fermé les yeux. Les ruptures, les errances, les vices, la littérature peut charrier ce qu’elle veut, mais la maladie, vécue, non, pas pour moi. Et puis, à la faveur d’une pause, j’ai feuilleté Les Lueurs, sans m’en rendre compte englouti les premières pages, alpaguée par un style fin et maitrisé, un style qui ne heurte pas, qui ne revendique pas, mais qui raconte, simplement. Un récit qui se lit comme un roman, un roman qui ressemblerait à la vie. Joli mot que celui d’anamnèse, action de rappeler à la mémoire, qui s’utilise dans la liturgie chrétienne comme dans le milieu médical, troublante coïncidence de rapprocher ainsi la prière et le diagnostic. Matthieu se perd-il dans ses contradictions comme il semble s’en excuser dans une postface intimiste ? Simple lectrice, je ne vois pas les choses ainsi, nul pathos dans ce livre, nulle pitié, juste une saine et franche compassion pour le jeune adulte foudroyé par l’injustice de la maladie, et surtout le plaisir bien égoïste d’apprécier le talent de celui qui habilement, et sans doute inconsciemment, invente un champ des possibles qui devient apaisement.
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Par Amandine Glévarec

« Lavage à froid uniquement » d’Aurore Py

Lavage à froid uniquement, Aurore Py

Il existe des livres sympathiques dont on ne peut douter qu’ils ont été écrits par des jeunes femmes amicales et délicieusement extravagantes, du genre à vous tutoyer au bout d’une minute et à vous raconter leur vie à grand renfort d’éclats de rire et de gestes amples au bout de cinq. Sans connaître Aurore Py, c’est comme cela que je me plais à l’imaginer en terminant son Lavage à froid uniquement. Car contrairement à ce que sous-entendent le titre et la couverture — qui ne laissent pas de doutes sur le fait que nous croiserons tôt ou tard un cadavre — c’est bien un bouquin sémillant et guilleret que nous offrent les éditions de L’Aube. Une belle découverte ne pouvant se résumer ni à la chick lit que je craignais sans la redouter, ni au polar laborieux que je redoutais sans le craindre. Un côté frais et léger assumé, sans être ni mièvre ni limité. A l’image de notre héroïne, finalement, qui bien que triplement maman de jeunes enfants n’en reste pas moins une femme médecin en long, bien long, bien trop long congé parental.
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Par Amandine Glévarec

« Dérives asiatiques » de Julie Guinand

Dérives asiatiques, Julie Guinand

Il y a la jeune auteure qui a le courage de se lancer dans l’écriture en commençant par un recueil de nouvelles — ce qui, soyons clairs, n’est pas le format le plus bankable — et la lectrice vieillissante qui, croyant commencer un roman, reste sur sa faim au terme de la première histoire, trop courte, évidement. Il y a Julie Guinand, née en 1989, membre de la fameuse AJAR que l’on ne présente plus — serait-ce de là qu’elle tient son goût et son talent de narratrice ? — et une lectrice ravie de se laisser aller à ces Dérives asiatiques. Un parcours en six étapes, comme autant d’épingles sur une carte, du Japon à la Thaïlande, en passant par Singapour et la Suisse, bien sûr. Notre écrivain en herbe maitrise autant sa géographie que les différents registres — fantastique, amoureux, social — et ne semble pas avoir trop de mal à trouver les idées, non pas tant révolutionnaires que douces ou piquantes, qui vous donneront envie de terminer ce joli petit recueil paru aux éditions D’Autre part.
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Par Amandine Glévarec

« Mourir et puis sauter sur son cheval » de David Bosc

Mourir et puis sauter sur son cheval, David Bosc

Une fille nue qui galope dans l’escalier, toque à la porte de son père, entre comme une tornade et se jette par la fenêtre. Mise en bouche de ce court roman de David Bosc, au titre pour le moins énigmatique : Mourir et puis sauter sur son cheval, extrait d’un poème d’Ossip Mandelstam. Si comme moi, l’introduction vous laisse un peu sur votre faim, et un poil dubitatif devant le succès rencontré par ce livre jaune, je vous en prie, continuez votre lecture, car la saveur de l’histoire se goûte juste après, dans le journal de Sonia A.
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Par Amandine Glévarec

« Relier les rives » de Marie-Claire Gross

Marie-Claire Gross, Relier les rives

Il est des rencontres impromptues dans des lieux improbables qui donnent envie de découvrir les mots d’une auteure. D’entrer dans son intimité, de lever le voile sur une histoire que l’on soupçonne être bien plus personnelle que ne le laisse présager la précision « roman » de la couverture. Une fiction, soit, sur deux femmes qui, sans se croiser, jamais, partageront une amitié, car l’une s’intéressera à l’autre, essaiera de comprendre, de suivre, de rejoindre, de sauver peut-être. Mais Soraya n’est pas de celles que l’on débusque facilement, percluse dans ses soucis, perdue dans son alcool, s’éloignant des siens, de ses petites, comme pour mieux les protéger d’elle-même, elle qui ne survit pas à son passé de réfugiée, de séparée, elle qui le paye chaque jour, malgré les déjà longues années passées en Suisse. Histoire de migration, certes, de celles qui me tiennent au cœur, histoire féminine aussi, d’empathie et de survie. Cette rencontre, c’est celle de Marie-Claire Gross, dont le premier ouvrage — Relier les rives — vient de paraître aux éditions Campiche. Pour le lieu, en revanche, pardonnez que je garde mes secrets.
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Par Amandine Glévarec

« Dans l’ombre de l’absente » d’Olivier Pitteloud

Dans l'ombre de l'absente, Olivier Pitteloud

C’est une valse à trois temps, une valse à trois voix, qui tourne et tourne encore autour de la figure de l’absente, qui reviennent ensemble sur une histoire ancienne qui n’a pas pu connaître d’épilogue. C’est l’amitié et l’amour des premiers âges, qui sont partis en vrille et qui à jamais ont marqué les consciences et de leur sceau les destinées. Marysa a disparu, il y a longtemps, lors d’un bal qui aura mal tourné, trop d’alcool et trop de pulsions, son corps ne s’en est jamais remis, son corps n’a jamais été retrouvé. Tour à tour l’amoureux, le violeur et le père prendront la parole. Tour à tour la jeune femme, la pièce manquante, l’absente, hantera ce roman.
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Par Amandine Glévarec

« Permis C » de Joseph Incardona

Permis C, Joseph Incardona

Incardona est un homme viril, un ancien boxeur. Si tu te risques à lui pincer le nez, tu es à peu près sûr d’en faire couler de la testostérone. Alors quand l’écrivain vient te parler de son enfance, sous les traits de son double littéraire André Pastrella, du frêle gamin qu’il a été, mille fois déraciné, toujours mal à l’aise, limite apatride car coincé entre son Italien de père et sa Suissesse de mère, le cou rentré sous les coups et insultes venant de toute part, qu’en plus le récit est mis en valeur par une écriture qui a atteint une maturité parfaite, empreinte de douceur et de nostalgie mais tout de même ferme comme la voix d’un homme qui se retourne sans se regretter, tu te dis que tu tiens là 228 pages de pur bonheur, et pas du tout con, tout béat, tout guimauve collante, bien au contraire.
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Par Amandine Glévarec

« Prison ferme » de Marcel Nicolet

Prison ferme, Marcel Nicolet

Je vais vous parler d’un livre écrit par un homme condamné pour le meurtre de son ex-femme, un assassin qui purge actuellement sa peine de prison en Suisse. Je viens vous parler d’un livre que vous ne pourrez pas lire car celui-ci a fait l’objet d’une interdiction, par décision de « mesures superprovisionnelles » du Tribunal régional des Montagnes et du Val-de-Ruz datée du 29 mars 2016 (voir le site de l’éditeur). Un livre retiré des rayons des librairies, le pur fantasme de tous les bibliophiles avertis. Et pourtant. Démonstration par A + B que le fantasme dépasse rarement la réalité.
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Par Amandine Glévarec

« L’Embrasure » de Douna Loup

Douna Loup, L'Embrasure

C’est un chasseur, un homme bardé de certitudes. Seul avec son fusil, seul dans son cœur, seul dans sa vie, rythmée par la mélopée des bruits de l’usine et la cadence de ses tirs. Un homme de 25 ans qui ne pleure pas, qui jamais ne se retourne, qui jamais ne s’attache, pas même au souvenir de ses défunts parents, encore moins aux filles qui croisent sa route. C’est l’histoire d’un homme qui va se retrouver confronté et à la mort et à l’amour, qui sans le vouloir, sans le contrôler, va sentir en lui L’Embrasure, la porte qui s’entrouvre sur ce qu’il avait toujours nié.
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